Intrigue

 

C’est la guerre. Au camp, les officiers tentent d’oublier les combats le temps d’un jeu de hasard ou dans les bras des femmes. Donna Florida et le jeune officier Don Faustino sont épris l’un de l’autre. Mais cette captive est la fille du gouverneur de la place assiégée. Elle est prise entre sa passion et son amour filial. Ses larmes couleront quelle que soit la victoire. Mais qui pourrait donc arrêter la guerre ?

 

          

 

   

 

Extrait

 

« Ah ! La guerre est une bien belle chose ! Moi, j’en dirai toujours du bien, et il n’y a pas de danger que mon cœur fasse le vœu que la paix revienne. À m’entendre, on pourrait dire : tu pries pour ton métier comme la femme de ce bourreau qui priait le ciel pour que les affaires de son mari augmentent. Et alors ? »

 

Acte I, scène 5

 

 

 

 

 

 

 

      

 

Le mot du metteur en scène

 

Quand Goldoni écrit La Guerre, une des dernières comédies rédigées avant son départ définitif de Venise, il semble avoir lu Brecht. Ce qui ne l’empêche pas de puiser toujours et encore dans la tradition de la comédie italienne. Sans s’appuyer sur un conflit réel, sans exposer la bataille qui n’est pas objet de comédie, la pièce montre comment la guerre distille du néant entre les hommes. Tout est à distance. Par contre, les discours sur la guerre prêtent à rire, puisque chacun s’accommode de la guerre comme il peut : le commissaire aux armées l’aime car cela lui rapporte, sa fille apprécie d’y multiplier les aventures, les officiers idéalisent leur destin de cadet voué aux armes. Avec humanisme, ce kaléidoscope montre combien la guerre est une absurdité qui fait des hommes des cadavres en sursis. Goldoni évite à dessein la question de la justice de la guerre : peut-être y a-t-il des guerres justes, mais il n’y pas de guerre propre. La Guerre tient jusqu’aux limites du possible un projet dramatique au cœur de son théâtre : être affreusement drôle.

 

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